Nous avons vécu les fêtes du 20e de la Fraternité de l’Épi,domiciliée dans le quartier St-Roch à Québec, comme un grand vent de Pentecôte. Tout le monde applaudirait au petit mot que le Père André Dumont, du Centre Victor-Lelièvre, m’envoyait au lendemain du lancement de « Debout les pauvres!


20e ANNIVERSAIRE DE L`EPI
«IL ÉLÈVE LES HUMBLES RENVOIE LES RICHES LES MAINS VIDES!» Racontaient Marie, Max Kolbe… et faisions-nous tous hier soir. «MAGNIFIQUE, CONVIVIAL, IMMENSE, RAYONNANT, AUTHENTIQUE, ECCLÉSIAL DE LA BASE, AVEC COMPLICITÉ ÉPISCOPALE SUPER, ET LES PRÉFÉRÉS DU PÈRE, LES PETITS, Merci pour le privilège d’avoir pu apporter notre petite part à faire au CVL un succès de ce lancement historique. André et toute l’équipe d’Arts & Médias.»

«Signe de vie» fera relâche durant les vacances. Avec mes souhaits de repos sur le balcon ou en pleine nature, je vous partage mon petit mot du lancement (un peu long), mais que plusieurs m’ont demandé.


Laurette Lepage
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Mot de Laurette Lepage, fondatrice de la Fraternité de l'Épi (Québec) lors du lancement du livre « Debout les pauvres ! », le 28 mai 2009.

DIS-NOUS QUELQUES SECRETS DE CE TITRE

« Debout les pauvres ! »... Un titre « provocateur », dit-on ! Je n’en suis pas gênée, en pensant à Celui qui a provoqué le premier : le Christ !

Après la chanson qu’on vient d’entendre, on ne peut s’empêcher de penser à la parabole du Père qui va au-devant de son fils prodigue. Son garçon devait être crotté... Ce père de la parabole, c’est Dieu  ! Dieu n’a pas peur des crottés ! Dieu n'a pas peur des drogués, des alcooliques, des divorcés remariés, des non-pratiquants, des accotés, des mal-aimés de toutes sortes. Dieu n’a pas peur de tous ces crucifiés d’aujourd’hui !

La bonté de Dieu nous étonne et nous scandalise. Tellement que parfois, on est jaloux ou choqué, comme le fils aîné de la parabole, quand des pécheurs reçoivent plus d’attention que des gens vertueux. Dieu est du côté des pauvres. Il a un faible pour les plus pauvres. Il sait de plus, que nous sommes tous pauvres en quelque part. Il s’est fait lui-même pauvre, de la crèche à la croix. Quel Dieu déroutant !

C’est un bonheur à l’envers, que nous propose le Christ des béatitudes, en proclamant : « Heureux, vous, les pauvres » ! Par ces paroles, il n’a pas dit aux pauvres de se résigner, mais bien plutôt : : “Relevez la tête! Debout! En marche!” Le mot « heureux », en hébreu, se traduit justement par: “debout !” “en marche !”

Mgr Fournier, dans sa préface, a su traduire tout cela, dans des mots d’aujourd’hui, en parlant de la « nouveauté à double révolution ». Merci, Pierre-André, (excusez, j’ai bien de la misère à dire « Monseigneur»), d’avoir si bien présenté « Debout les pauvres ! ».

Debout, les pauvres, les pacifiques, les persécutés! Debout, les exclus! Un programme vous est proposé! La paix n’est pas donnée toute faite, il faut la bâtir ! La justice n’est pas donnée toute faite, il faut la conquérir avec l’obstination des « non-violents » et la ténacité des « résistants » !

Les béatitudes feraient-elles des disciples de Jésus, des « résignés », enveloppés dans leurs guenilles de misère, sans faire le moindre effort pour s’en sortir? Les béatitudes feraient-elles ded disciples de Jésus, des masochistes qui se complaisent dans leur souffrance en attendant le bonheur du ciel? Ce serait donner raison à Karl Marx, qui parlait de la religion comme « l’opium du peuple ».

Non, le Christ n’a pas dit:

- “Heureux les chômeurs, les itinérants, les assistés sociaux.
- “Heureux ceux qui vivent sans rien faire, aux crochets de la société”.
- Non, le Christ n’a pas dit: “Heureux les débiles, les tarés, les bons à rien, les malades mentaux”....

Mais le Christ a dit, et cela, pour tout le monde:

- « Heureux les pauvres dans leur cœur »....

- Heureux les détachés: ceux qui ne sont pas rongés par la maladie de l’avoir et du pouvoir...

- Heureux ceux qui apprécient ce qu’ils ont et n’en veulent pas toujours plus...

- Heureux ceux qui aiment les pauvres: ceux qui peuvent donner à plus pauvres qu’eux...

- Heureux ceux qui se penchent sur toutes les pauvretés: sur celles qui mendient la tendresse, sur celles qui mendient l’espérance, sur celles qui mendient une présence.

C’est à ceux-là que le Royaume des cieux appartient. Car ils sont libres et détachés dès ici-bas. Ils sont libérés de tous ces fils qui retiennent l’être humain dans son envol vers les autres et vers Dieu, tandis que les repus sont tentés de s’agripper à leurs biens.

Frédy Kunz, le fondateur des Fraternités du Serviteur souffrant, au Brésil, et décédé en l’an 2000, adressait à Regina, lors de sa profession religieuse, à la Communauté protestante de Grandchamp, en Suisse, les paroles suivantes:

“Un jour, ma petite, tu rencontreras un homme sans beauté,
sans rien pour attirer le regard,
comme s’il était une ordure de l’humanité.
Alors là, ne te sauve pas. N’aie pas peur. Approche-toi.
Mets-toi à genoux et dis: “Parle, Seigneur”.
Et là, le Bien-Aimé te dira des choses ineffables,
tellement belles... Un secret merveilleux.
Et ce sera la grâce de ta vie”

Mets-toi à genoux et dis: “Parle, Seigneur!
Il faudrait que nous entrions dans le monde des pauvres comme dans un sanctuaire, sur la pointe des pieds, en nous mettant à genoux. Il faudrait que nous entrions dans le monde des pauvres, un peu à la manière de Moïse, devant le buisson-ardent, quand Dieu lui dit : “Enlève tes sandales... car la terre que foulent tes pieds est sacrée!” (Ex 3,5). Entrer chez les pauvres, c’est entrer sur le territoire de Dieu. C’est là le lieu de sa Présence !

La longue marche du Serviteur souffrant, qu’a été toute la vie de Frédy Kunz, notre fondateur, est une semence de fraternité qui s’est déjà multipliée dans plusieurs pays . Après le Brésil, c’est en France, en Suisse, en Espagne, en Italie, en Belgique, et ici, au Québec, sans compter les autres petites pousses en Amérique Latine et en Afrique. Et ce soir, nous avons la joie d’avoir avec nous, deux personnes qui sont au service cette grande Fraternité, pour créer des liens et maintenir l’unité, dans la diversité de tous ces groupes : Nara Rachid, du Brésil et Michel Bavarel, de Suisse. Merci, tous les deux, pour votre présence et votre service si attentifs à la grande famille de la Fraternité !

Le livre « Debout, les pauvres ! », ne prétend pas être une analyse sociale de la pauvreté, mais bien, l’expérience de personnes qui vivent dans leur chair et dans leur coeur toutes sortes de pauvretés: celles du corps, du coeur et de l’esprit. Le livre raconte tout simplement l'histoire de personnes rassemblées dans la Fraternité de l'Épi, un peu à l’image de la parabole du banquet des noces où le roi envoie chercher sur les trottoirs les aveugles, les « sans parole », les boiteux, les estropiés et fait avec eux, la fête.

La Fraternité de l’Épi est animée par la mystique du Serviteur souffrant, ces chants du Serviteur qu’on trouve aux chapitres du prophète Isaïe, dans la Bible. Les gens se reconnaissent dans ce Serviteur défiguré, mais que Dieu a ressuscité.

- Gaston reconnaît sa propre histoire quand il dit : « Moi aussi, comme le Serviteur souffrant, j’ai été « foulé aux pieds comme une ordure ».

- Micheline dit : « Comme le Serviteur souffrant, mon « visage est sans beauté », mais moi, je suis belle en dedans ! »

- Line qui a perdu son mari, il y a quelques années, s’écrie dans sa peine : « Moi, je me reconnais quand on dit que le Serviteur souffrant, c’est « l’homme de douleur » J’étais comme lui, à la mort de Gilles ».

Ce Serviteur souffrant qui vit aujourd’hui parmi nous, on le chante comme çà, à chaque réunion de l’Épi. Tu veux commencer, Alberte ?

Oui, notre Dieu est vivant
Son amour, de tous les temps ! (bis)

Grande victoire, ô Marie
Annoncée aux tout-petits (bis)

Tu marches encore sur nos chemins,
C’est toi, Jésus qui nous tend la main
Tu continues de porter la croix
Et de changer nos douleurs en joie.

Dans tous nos frères, c’est ton Visage
Que nous voyons, Serviteur souffrant
Pourquoi chercher dans les nuages
Quand tu nous croises à chaque tournant.
(Chant de l’Épi)

Pourquoi chercher dans les nuages, quand tu nous croises à chaque tournant ? Cette histoire, vous la lirez à chaque page du livre « Debout les pauvres ! »

Et Monseigneur Couture, qui a reconnu la Fraternité de l’Épi comme une petite pousse « valable » dans son diocèse, est ici, avec nous, ce soir et nous l’écouterons à l’instant, nous redire encore : « Mes bien-aimés ».

Merci !
Laurette Lepage




L’Autre Visage
Chant du lancemenent
(Richard Vidal)

1. L’Autre Visage, un soir m’a révélé
Le Serviteur qu’on a défiguré :
Les sales déchets, les sans-victoire
Les crucifiés sur nos trottoirs.
« Quand tu iras
Marcher près de leur peur,
Tu sentiras
Le souffle de mon cœur;
Je te le dis :

Heureux les pauvres !
Debout les pauvres !
Car le Royaume des cieux vous appartient
Car le Royaume des cieux est en vos mains. »


2. L’Autre Visage m’a dit de regarder
Les engelures de notre société :
Les froides nuits, les longs calvaires,
Les rêves morts dans la misère.
« Quand tu iras
Toucher leur dur enfer
Tu reviendras
Le cœur plein de prière.
Je te le dis : Heureux les pauvres

3. L’Autre Visage m’a tant enraciné
Dans son amour des plus abandonnés :
Les rejetés, les charbons noirs,
Les oubliés du dépotoir.
« Quand tu iras
Sur leur terrain brûlé,
Tu reviendras
Les yeux illuminés.
Je te le dis : Heureux les pauvres!



Née au Témiscamingue, Laurette Lepage se présente comme d’abord fille des souches, des semis et des grands espaces. Sa passion de l’Évangile l’a conduite par des chemins inattendus, au milieu des pauvres et des exclus, tant au Brésil qu’à Québec où elle réside actuellement et où elle a fondé la Fraternité de l'Épi il y a 20 ans.

Elle est l'auteure de cinq ouvrages publiés aux éditions Anne Sigier. « Debout, les pauvres! », est son sixième ouvrage qui vient de paraître aux éditions Novalis en mai 2009.


Lire la fameuse lettre de Laurette Lepage à Mgr Ouellet le 7 novembre 2007 dans le style de celle de Catherine de Hueck à son évêque parue sur le site internet de Radio Ville-Marie

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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Laurette Lepage le Dimanche 31 Mai 2009

L'Eurabie a une capitale: Rotterdam en Hollande. À Rotterdam, des quartiers entiers donnent une impression de Moyen Orient, les femmes circulent voilées, le maire est musulman, les tribunaux et les théâtres appliquent la charia. Sandro Magister, un grand reporter du journal La Repubblica présente un grand reportage d'un de ses confrères de Il Foglio, Giulio Meotti, qui écrit aussi pour le "Wall Street Journal, reportage des plus instructifs sur la ville la plus islamisée d'Europe. Le reportage est assez long, mais il est fascinant par les informations qu'on y trouve et qui sont peu connues en Amérique. Bonne lecture.


L`EURABIE, VOUS CONNAISSEZ?
ROME, le 19 mai 2009 - L'un des résultats les plus incontestables du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte est l'amélioration des rapports avec l'islam. Les trois jours passés en Jordanie, puis la visite à la Coupole du Rocher à Jérusalem ont fait passer dans le grand public musulman - pour la première fois aussi largement - l'image d'un pape ami, entouré de leaders musulmans heureux de l'accueillir et de collaborer avec lui pour le bien de la famille humaine.

Mais la distance entre cette image et la réalité crue des faits est également incontestable. Non seulement dans les pays sous domination musulmane, mais aussi là où les disciples de Mahomet sont minoritaires, par exemple en Europe.

En 2002 Bat Ye'or, une chercheuse née en Egypte et de nationalité britannique, spécialiste de l'histoire des minorités chrétiennes et juives - dites "dhimmi" - dans les pays musulmans, a créé le mot "Eurabie" pour définir le destin vers lequel elle voit se diriger l'Europe. Un destin de soumission à l'islam, de "dhimmitude".

Oriana Fallaci a repris le mot "Eurabie" dans ses écrits et lui a donné une résonance mondiale. Le 1er août 2005, Benoît XVI l'a reçue en audience privée, à Castel Gandolfo. Elle refusait le dialogue avec l'islam, lui le voulait et le veut. Mais ils sont tombés d'accord - comme elle l'a raconté ensuite - pour reconnaître "la haine de soi" dont l'Europe fait preuve, son vide spirituel, sa perte d'identité, alors même que le nombre d'immigrés de confession musulmane y augmente.

La Hollande est à cet égard un test extraordinaire. C'est le pays où le libre arbitre individuel est le plus développé - au point que l'euthanasie des enfants y est permise - où l'identité chrétienne s'est le plus effacée, où la présence musulmane devient la plus arrogante.

Le multiculturalisme y est la règle. Mais les contrecoups sont également dramatiques: de l'assassinat du leader politique anti-islamiste Pim Fortuyn à la persécution de la dissidente somalienne Ayaan Hirsi Ali et au meurtre du metteur en scène Theo Van Gogh, condamné à mort pour le film "Submission" qui dénonce les crimes de la théocratie musulmane. Le successeur de Fortuyn, Geert Wilders, vit depuis six ans sous protection policière 24 heures sur 24.

Il y a en Hollande une métropole où cette nouvelle réalité se voit à l'oeil nu, plus qu'ailleurs. Où des quartiers entiers sont des morceaux de Moyen-Orient, où se dresse la plus grande mosquée d'Europe, où les tribunaux et les théâtres appliquent des éléments de la loi islamique, la charia, où beaucoup de femmes circulent voilées, où le maire est musulman et fils d'imam.

Cette métropole, c'est Rotterdam, deuxième ville de Hollande pour la population, premier port d'Europe pour le volume des échanges.

Le reportage qui suit, réalisé à Rotterdam et publié par le quotidien italien "il Foglio" le 14 mai 2009, est le deuxième d'une série de sept qui constitue une grande enquête sur la Hollande.

L'auteur, Giulio Meotti, écrit aussi pour le "Wall Street Journal". Il publiera en septembre prochain un livre-enquête sur Israël.

La photo ci-dessus, intitulée "Musulmanes à Rotterdam", a figuré dans une exposition de deux photographes hollandais, Ari Versluis et Ellie Uyttenbroek en 2008.


Dans la casbah de Rotterdam

par Giulio Meotti


A Feyenoord, on voit partout des femmes voilées filer comme l'éclair dans les rues du quartier, évitant tout contact, surtout avec les hommes, même un contact visuel. Feyenoord a la taille d'une ville, 70 nationalités y cohabitent, on y vit de subventions et d'habitat populaire. C'est là que l'on comprend le mieux que la Hollande - avec toutes ses lois anti-discrimination et toute son indignation morale - est une société à ségrégation totale. Bombardée deux fois par la Luftwaffe pendant la seconde guerre mondiale, Rotterdam est une ville neuve. Comme Amsterdam, elle est en dessous du niveau de la mer mais, contrairement à la capitale, elle n'a pas de charme libertin. A Rotterdam ce sont les vendeurs arabes d'aliments halal qui dominent l'esthétique urbaine, pas les néons des prostituées. Partout on voit des casbah-cafés, des agences de voyages qui offrent des vols pour Rabat et Casablanca, des posters de solidarité avec le Hamas et des cours de néerlandais à prix avantageux.

Deuxième ville du pays, c'est une ville pauvre mais aussi le moteur de l'économie avec son vaste port, le plus important d'Europe. Peuplée majoritairement d'immigrés, elle possède la mosquée la plus haute et la plus imposante de toute l'Europe. 60 % des étrangers qui arrivent en Hollande viennent habiter ici. Ce qui frappe le plus quand on entre dans la ville en train, ce sont les mosquées énormes, fascinantes, dans un paysage verdoyant, luxuriant, boisé, humide : on dirait des corps étrangers par rapport au reste. On l’appelle "Eurabie". Imposante, la mosquée Mevlana des Turcs a les minarets les plus hauts d'Europe, plus hauts même que le stade de l'équipe de football Feyenoord.

Beaucoup de quartiers de Rotterdam sont sous le contrôle de l'islamisme le plus sombre et le plus violent. La maison de Pim Fortuyn se détache comme une perle dans une mer de tchadors et de niqabs. Elle se trouve au 11 Burgerplein, derrière la gare. De temps à autre, quelqu'un vient poser des fleurs devant la maison de ce professeur assassiné à Amsterdam le 6 mai 2002. D'autres laissent un papier: "En Hollande on tolère tout, sauf la vérité". Un millionnaire nommé Chris Tummesen a acheté la maison de Pim Fortuyn pour qu'elle reste intacte. Le soir précédant le meurtre, Pim était nerveux, il avait dit à la télévision qu'un climat de diabolisation s’était créé contre lui et ses idées. Et puis c'est arrivé, avec ces cinq coups de feu dans la tête, tirés par Volkert van der Graaf, militant de la gauche animaliste, un jeune maigrelet, calviniste, aux cheveux rasés, aux yeux sombres, habillé comme un écologiste pur - gilet fait main, sandales, chaussettes en laine de chèvre - végétarien absolu, "un garçon impatient de changer le monde", disent ses amis.

Depuis peu, on a vu apparaître, au centre de Rotterdam des photos mortuaires de Geert Wilders, placées sous un arbre avec une bougie indiquant sa mort prochaine. Aujourd’hui l’homme politique le plus populaire de la ville est Wilders, héritier de Fortuyn, ce professeur homosexuel, catholique, ex-marxiste, qui avait lancé un parti pour sauver le pays de l'islamisation. A ses funérailles il ne manquait que la reine Béatrice pour que l'adieu au "divin Pim" devienne royal. D’abord présenté comme un monstre (un ministre hollandais l’a traité d’"untermensch", sous-homme pour les nazis), il a ensuite été idolâtré. Les prostituées d’Amsterdam ont déposé une couronne de fleurs au pied de l'obélisque des victimes sur la place Dam.

Il y a trois mois, L'Economist, un hebdomadaire éloigné des thèses anti-islamiques de Wilders, qualifiait Rotterdam de "cauchemar eurabe". Pour beaucoup de Hollandais qui y vivent, l'islamisme est aujourd’hui un danger plus grave que le Delta Plan, le système de digues compliqué qui empêche les inondations venues de la mer, comme celle de 1953 qui fit 2 000 morts. La pittoresque petite ville de Schiedam, à côté de Rotterdam, a toujours été un bijou dans l’esprit des Hollandais. Mais elle a perdu cette aura de mystère il y a trois ans, quand elle est devenue, dans les quotidiens, la ville de Farid A., l'islamiste qui menaçait de mort Wilders et la dissidente somalienne Ayaan Hirsi Ali. Depuis six ans, Wilders vit sous protection policière 24 heures sur 24.

A Rotterdam les avocats musulmans veulent aussi changer les règles de droit, demandant à pouvoir rester assis quand le juge entre. Ils ne reconnaissent qu’Allah. L'avocat Mohammed Enait a refusé de se lever quand les magistrats sont entrés dans la salle, disant que "l'islam enseigne que tous les hommes sont égaux". Le tribunal de Rotterdam lui a reconnu le droit de rester assis: "Il n’existe aucune obligation juridique imposant aux avocats musulmans de se lever devant la cour, dans la mesure où ce geste est en opposition avec les préceptes de la foi musulmane". Enait, qui dirige le cabinet d’avocats Jairam Advocaten, a expliqué qu’il "considère tous les hommes comme égaux et n’admet aucune forme de déférence envers qui que ce soit". Tous les hommes, mais pas toutes les femmes. Enait est connu pour son refus de serrer la main aux femmes, dont il a dit plusieurs fois qu’il les préférait avec la burqa. Et des burqas, on en voit beaucoup à Rotterdam.

Que l'Eurabie existe désormais à Rotterdam, cela a été démontré par une affaire survenue en avril au Zuidplein Theatre, l’un des plus prestigieux de la ville, moderniste et fier de "représenter la diversité culturelle de Rotterdam". Situé au sud de la ville, il est subventionné par la mairie que dirige Ahmed Aboutaleb, musulman et fils d’imam. Il y a trois semaines, le Zuidplein a accepté, au nom de la charia, de réserver tout un balcon aux femmes. Cela se passait non pas au Pakistan ou en Arabie saoudite, mais dans la ville d’où les Pères Fondateurs sont partis pour les Etats-Unis. Ici les pèlerins puritains débarquèrent du Speedwell qu’ils échangèrent contre le Mayflower. Ici a commencé l'aventure américaine. Ici, aujourd’hui, la charia est légalisée.

A l’occasion du spectacle du musulman Salaheddine Benchikhi, le Zuidplein Theatre a répondu favorablement à sa demande de réserver les cinq premiers rangs aux femmes. Salaheddine, éditorialiste du site Morokko.nl, est connu pour son opposition à l'intégration des musulmans. Le conseil municipal l’a approuvé: "Selon nos valeurs occidentales, la liberté de vivre sa vie en fonction de ses convictions est un bien précieux". Un porte-parole du théâtre a aussi défendu le metteur en scène: "Il est difficile de faire venir les musulmans au théâtre, alors nous sommes prêts à nous adapter".

Le metteur en scène Gerrit Timmers est également prêt à s’adapter. Ce qu’il dit est assez symptomatique de ce que Wilders appelle "auto-islamisation". Le premier cas d’autocensure est apparu justement à Rotterdam, en décembre 2000. Timmers, directeur du groupe théâtral Onafhankelijk Toneel, voulait mettre en scène la vie de la femme de Mahomet, Aïcha. Mais l'œuvre a été boycottée par les acteurs musulmans de la compagnie quand il est devenu évident qu’ils allaient être une cible pour les islamistes. "Nous aimons beaucoup la pièce, mais nous avons peur", ont-ils dit. Le compositeur, Najib Cherradi, a déclaré qu’il se retirerait "pour le bien de ma fille". Le quotidien "Handelsblad" a intitulé un article "Téhéran sur Meuse", du nom du fleuve qui arrose Rotterdam. "J’avais déjà fait trois spectacles sur les Marocains et, pour celui-là, je voulais des acteurs et des chanteurs musulmans", nous raconte Timmers. "Mais ils m’ont dit que c’était un sujet dangereux et qu’ils ne pouvaient pas y participer parce qu’ils avaient reçu des menaces de mort. A Rabat un article a dit que nous finirions comme Salman Rushdie. Pour moi, il était plus important de continuer le dialogue avec les Marocains que de les provoquer. Voilà pourquoi cela ne me pose pas de problème si les musulmans veulent séparer les hommes et les femmes dans un théâtre".

Nous rencontrons le metteur en scène qui a introduit la charia dans les théâtres hollandais, Salaheddine Benchikhi. Il est jeune, moderne, orgueilleux, parle un anglais parfait. "Je défends le choix de séparer les hommes des femmes parce qu’ici il y a la liberté d'expression et d’organisation. Si les gens ne peuvent pas s’asseoir où ils veulent, c’est de la discrimination. Il y a deux millions de musulmans en Hollande et ils veulent que notre tradition devienne publique, tout évolue. Le maire Aboutaleb m’a soutenu".

Il y a un an, la ville est entrée en ébullition quand les journaux ont rendu publique une lettre de Bouchra Ismaili, conseillère municipale de Rotterdam: "Ecoutez bien, freaks fous, nous sommes ici pour y rester. C’est vous qui êtes des étrangers ici, avec Allah de mon côté je ne crains rien ; laissez-moi vous donner un conseil: convertissez-vous à l'islam et trouvez la paix". Il suffit de faire un tour en ville pour comprendre que, dans bien des quartiers, on n’est plus en Hollande mais dans un morceau de Moyen-Orient. Certaines écoles ont une "salle du silence" où les élèves musulmans, majoritaires, peuvent prier cinq fois par jour, avec un poster de la Mecque, le Coran et des ablutions rituelles avant la prière. Un autre conseiller municipal musulman, Brahim Bourzik, veut faire dessiner en divers points de la ville des emplacements où s’agenouiller en direction de la Mecque.

Sylvain Ephimenco, journaliste franco-hollandais, vit à Rotterdam depuis 12 ans. Il a été pendant 20 ans correspondant de "Libération" en Hollande et est fier de ses références de gauche. "Même si je n’y crois plus maintenant", dit-il en nous accueillant dans sa maison qui donne sur un petit canal de Rotterdam. Non loin de là se trouve la mosquée Al-Nasr de l'imam Khalil al Moumni, qui, au moment de la légalisation du mariage gay, a dit que les homosexuels étaient des "malades pires que des porcs". De l’extérieur, on voit que la mosquée, construite par les premiers immigrés marocains, a plus de 20 ans. Moumni a écrit une brochure qui circule dans les mosquées hollandaises, "Le chemin du musulman", dans lequel il explique qu’il faut couper la tête aux homosexuels et "l’accrocher au bâtiment le plus haut de la ville". A côté de la mosquée Al-Nasr nous nous asseyons dans un café réservé aux hommes. En face, il y a un abattoir halal musulman. Ephimenco a écrit trois essais sur la Hollande et l'islam ; aujourd’hui c’est un éditorialiste connu du quotidien chrétien de gauche "Trouw". Il a la meilleure perspective pour comprendre une ville qui, peut-être plus qu’Amsterdam elle-même, incarne la tragédie hollandaise.

"Ce n’est pas vrai du tout que Wilders recueille des voix dans les banlieues ; tout le monde le sait même si on ne le dit pas", nous dit-il. "Aujourd’hui, les électeurs de Wilders sont des gens cultivés, même si au début c’était la Hollande des classes modestes, des tatoués. Beaucoup d’universitaires et de gens de gauche votent pour lui. Le problème, c’est tous ces voiles islamiques. Derrière chez moi, il y a un supermarché. Quand je suis arrivé, il n’y avait pas un seul voile. Aujourd’hui, à la caisse, il n’y a que des musulmanes en tchador. Wilders n’est pas Haider. Il est de droite mais aussi de gauche, c’est un Hollandais typique. Ici, il y a des horaires réservés aux femmes musulmanes à la piscine. Voilà l'origine du vote pour Wilders. Il faut arrêter l'islamisation, la folie du théâtre. A Utrecht, il y a une mosquée où les services municipaux sont séparés pour les hommes et les femmes. Les Hollandais ont peur. Wilders s’oppose au Frankenstein du multiculturalisme. Moi qui étais de gauche et qui aujourd’hui ne suis plus rien du tout, je dis que nous avons atteint la limite. J’ai senti que les idéaux des Lumières étaient trahis par cet apartheid volontaire, je sens que, dans mon cœur, les idéaux d'égalité entre hommes et femmes et de liberté d'expression sont morts. Ici la gauche est conformiste et la droite a une meilleure réponse au multiculturalisme fou".

Tariq Ramadan, le célèbre islamiste suisse qui est aussi consultant spécial de la municipalité, enseigne à l’Erasmus University de Rotterdam. Des déclarations de Ramadan critiquant les homosexuels ont été découvertes par la plus connue des revues gay hollandaises, "Gay Krant", dirigée par un journaliste loquace, Henk Krol. Dans une cassette vidéo, Ramadan définit l'homosexualité comme "une maladie, un désordre, un déséquilibre". Dans le même film, Ramadan parle aussi des femmes, "dans la rue, elles doivent garder les yeux baissés". Le parti de Wilders a demandé que le conseil municipal soit dissous et l'islamiste genevois chassé, mais ce dernier a vu son contrat renouvelé pour deux ans. Au même moment, de l’autre côté de l'océan, l'administration Obama confirmait à Ramadan que l’accès au territoire des Etats-Unis lui restait interdit. Dans l’un des films que détient Krol, Ramadan dit aux femmes: "Allah a une règle importante: si tu cherches à attirer l'attention par du parfum, par ton aspect ou tes gestes, tu n’es pas dans la bonne direction spirituelle".

"Quand Pim Fortuyn a été tué, cela a été un choc pour tout le monde : un homme avait été assassiné à cause de ce qu’il disait", nous dit Krol. "Ce pays n’était plus le mien. Je pense encore à quitter la Hollande, mais pour aller où? Ici nous avons tout critiqué, l’Eglise catholique et la protestante. Mais quand nous avons critiqué l'islam, on nous a dit: Vous êtes en train de créer de nouveaux ennemis! ". D’après Ephimenco, le secret du succès de Wilders, c’est la rue: "A Rotterdam il y a trois mosquées énormes, dont l’une est la plus grande d'Europe. Il y a de plus en plus de voiles islamiques et un élan islamiste venu des mosquées. Je connais beaucoup de gens qui ont quitté le centre-ville pour la banlieue riche et blanche. Mon quartier est pauvre et basané. C’est une question d’identité, dans la rue on ne parle plus néerlandais, mais arabe et turc".

Nous rencontrons l'homme qui a hérité de la rubrique de Fortuyn au quotidien "Elsevier". Bart Jan Spruyt est un jeune et vigoureux intellectuel protestant, fondateur de la Edmund Burke Society mais surtout auteur de la "Déclaration d’indépendance" de Wilders, dont il est le collaborateur depuis le début. "Ici, un immigré n’a pas besoin de lutter, d’étudier, de travailler, il peut vivre aux frais de l’Etat", nous dit Spruyt. "Nous avons fini par créer une société parallèle. Les musulmans sont majoritaires dans beaucoup de quartiers et demandent la charia. Ce n’est plus la Hollande. Notre usage de la liberté a fini par se retourner contre nous, c’est un processus d’auto-islamisation".

Spruyt était un grand ami de Fortuyn. "Pim a dit ce que l’on savait depuis des décennies. Il a attaqué l’establishment et les journalistes. Il y a eu un grand soulagement populaire quand il est entré en politique, on l’appelait le ‘chevalier blanc'. La dernière fois que j’ai parlé avec lui, une semaine avant sa mort, il m’a dit qu’il avait une mission. Son assassinat n’a pas été le geste d’un fou solitaire. En février 2001, Pim a annoncé qu’il voulait que l’article premier de la constitution hollandaise sur la discrimination soit modifié parce que selon lui, et il avait raison, cet article tue la liberté d’expression. Le lendemain, dans les églises hollandaises, en général vides et utilisées pour des réunions publiques, le journal d’Anne Frank a été lu en guise de mise en garde contre Fortuyn. Pim était vraiment catholique, plus qu’on ne le croit ; dans ses livres il critiquait l'actuelle société sans père, sans valeurs, vide, nihiliste".

Chris Ripke est un artiste connu en ville. Son atelier est proche d’une mosquée dans Insuindestraat. En 2004, choqué par l’assassinat du metteur en scène Theo Van Gogh par un islamiste hollandais, Chris a décidé de peindre sur le mur de son atelier un ange et le commandement biblique "Gij zult niet doden", tu ne tueras pas. Les gens de la mosquée voisine ont trouvé le texte "offensant" et ont appelé celui qui était alors maire de Rotterdam, le libéral Ivo Opstelten, qui a ordonné à la police d’effacer la peinture, jugée "raciste". Wim Nottroth, un journaliste de télévision, s’est mis devant en signe de protestation. La police l’a arrêté et le film a été détruit. Ephimenco a fait pareil à sa fenêtre: "J’y ai placé une grande toile blanche avec le commandement biblique. Des photographes et la radio sont venus. Si on ne peut plus écrire ‘tu ne tueras pas' dans ce pays, alors cela veut dire que nous sommes tous en prison. C’est comme l'apartheid, les blancs vivent avec les blancs et les noirs avec les noirs. Il y a un grand froid. L'islamisme veut changer la structure du pays". Ephimenco pense qu’une partie du problème est la déchristianisation de la société. "Quand je suis arrivé ici, dans les années Soixante, la religion était en train de mourir, un fait unique en Europe, une déchristianisation collective. Et puis les musulmans ont remis la religion au centre de la vie sociale. Aidés par l'élite antichrétienne".

Nous sortons faire un tour dans les quartiers islamisés. A Oude Westen on ne voit que des arabes, des femmes voilées de la tête aux pieds, des magasins alimentaires ethniques, des restaurants islamiques et des shopping centers de musique arabe. "Il y a dix ans, il n’y avait pas tous ces voiles", dit Ephimenco. Derrière chez lui, dans une zone bourgeoise et verdoyante avec des maisons à deux étages, il y a un quartier islamisé. Partout des enseignes musulmanes. "Regardez tous ces drapeaux turcs. Là, il y a une église importante, mais elle est vide, plus personne n’y va". Au centre d’une place se dresse une mosquée avec des inscriptions en arabe. "Avant, c’était une église". Pas très loin, il y a le plus beau monument de Rotterdam, une petite statue en granit de Pim Fortuyn. Sous la tête en bronze brillant, la bouche ouverte pour prononcer le dernier discours en faveur de la liberté de parole, il y a une inscription en latin: "Loquendi libertatem custodiamus", gardons la liberté de parler. Chaque jour quelqu’un dépose des fleurs.

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Le quotidien qui a publié l’enquête:

> Il Foglio

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Tous les articles de [http:/chiesa.espresso.repubblica.it/?fr=y/]url:http:/chiesa.espresso.repubblica.it/?fr=y à propos des rapports entre l’Eglise catholique et le monde musulman: Focus ISLAM


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

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19.5.2009

E-mail: s.magister@espressoedit.it
Adresse postale: Sandro Magister, "L'espresso", via C. Colombo 90, 00147 Roma



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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Giulio Meotti le Mardi 26 Mai 2009

L'Eurabie a une capitale: Rotterdam en Hollande. À Rotterdam, des quartiers entiers donnent une impression de Moyen Orient, les femmes circulent voilées, le maire est musulman, les tribunaux et les théâtres appliquent la charia. Sandro Magister, un grand reporter du journal La Repubblica présente un grand reportage d'un de ses confrères de Il Foglio, Giulio Meotti, qui écrit aussi pour le "Wall Street Journal, reportage des plus instructifs sur la ville la plus islamisée d'Europe. Le reportage est assez long, mais il est fascinant par les informations qu'on y trouve et qui sont peu connues en Amérique. Bonne lecture.


PRETRES ACADEMY : ENFIN LE DVD
Le concept, original, a fait mouche : la bande-annonce et les quatre vidéos totalisent 400 000 vues vidéos en un an, aux compteurs des sites dailymotion, youtube et croire.com essentiellement. Près de 500 medias ont participé au buzz et 1 400 000 million de pages ont été consultées sur le site www.pretres-academy.com. Parmi les visiteurs, 60 % étaient des 15-30 ans, ne pratiquant pas ou occasionnellement. Objectif atteint, donc, de pouvoir parler à des jeunes - parfois loin de l'Eglise - des prêtres qui donnent leur vie à Dieu et aux autres. L'occasion peut-être également, bien qu' indirectement, de susciter des questions sur ce type de vocation, et plus si affinités.


Néanmoins, il y a un temps pour tout. En juillet 2008, Michel et Christophe ont quitté les studios et retrouvé leurs ouailles. Ils sont responsables de paroisses ou d'aumôneries. Franck, dont l'épisode 4 montrait l'ordination, a commencé sa première année de prêtre dans l'unité pastorale de Pontarlier, tout en poursuivant des études de théologie à Paris. A leur tour, et loin des caméras, de nouveaux séminaristes s'engagent dans un chemin qui les mènera peut-être à la prêtrise. Tous ont vu la Prêtres Academy et ont été interpellés par l'exemple de leurs aînés. Peut-être feront-ils partie, un jour, de la grande famille des prêtres, la vraie « Prêtres Academy » ?


Mais plus nombreux encore sont ceux et celles qui, de tous horizons, ont aimé ces vidéos, et qui nous ont demandé si un DVD sortirait un jour. Un support qui permettrait de parler plus facilement de la prêtrise était aussi attendu en aumônerie, et dans les parcours de confirmands. C'est pourquoi le service diocésain des vocations a fini par opter pour la solution DVD. Pour ce faire, il a contacté un éditeur, Satisfecit Editions, et a retravaillé avec Digital Media Productions, le réalisateur de la saga "culte". Le partenariat a bien fonctionné et le DVD sort à l'occasion de la Journée Mondiale des Vocations, le 3 mai 2009. Il est disponible au prix modique de 2 euros, dans les librairies religieuses de l'hexagone, ou directement auprès du service des vocations.


Vous n'y trouverez pas de bonus ou making-of. Mais vous verrez les clips vidéo sous un jour nouveau : nouveau logo, nouveaux graphismes, et nouvelles musiques. C'est du fait maison, et c'est bien fait. En qualité DVD, et à ce prix là, il faudrait être fou pour ne pas en profiter. Et si les premiers seront les derniers, comme dit l'Evangile, pour ce cas là c'est l'exception qui confirme la règle ! Dépêchez-vous, il n'y en aura peut-être pas pour tout le monde !

P.S : vous ne trouverez plus les vidéos de la Prêtres Academy sur le web, au moins pour un moment. Mais que les internautes se rassurent : d'autres diocèses ont surfé sur la vague "Prêtres Academy" et proposeront également des web vidéos pour présenter la vie des prêtres. Ainsi le diocèse de Paris lancera le 3 mai la première d'une série de 3 vidéos : "Into the One". Elle met en scène Geoffroy, qui a décidé de consacrer sa vie au Christ.


Paru sur le site d'InXL6 http://www.inxl6.org/
le 15 mai 2009
Auteur : Aurélien
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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Hermann Giguère le Dimanche 17 Mai 2009

Réflexions

Une opinion de Louis O'Neill, ancien ministre et professeur émérite de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval à Québec: Éthique et culture religieuse - «Youpi, ma religion à moi!»


MA RELIGION A MOI...
«YOUPI, MA RELIGION À MOI!»

Le nouveau cours Ethique et culture religieuse n'a pas fini d'étonner. Qu'on se rappelle à titre d'exemple le cas de cet enseignant qui a demandé à ses élèves de dessiner un nouveau drapeau du Québec parce qu'il estimait que le fleurdelisé ne convenait plus puisqu'on y discerne l'effigie d'une croix. L’enseignant zélé croyait déceler là une atteinte à la laïcité.

Le cours réserve d'autres surprises. C'est ainsi qu'on trouve une perle bizarre dissimulée dans un cahier d'activités destiné aux élèves de premier cycle du secondaire et dont le titre est Partons à l'aventure ! La perle se nomme « Youpi ma religion à moi ! ». Comme aventure, c'est du vrai de vrai.

On invite les jeunes ( 12, 13 ans) à créer leur propre religion « comme moyen pour vérifier leur capacité à saisir les multiples facettes des mouvements religieux ». On précise : « À partir des multiples exemples vus en classe dans le chapitre 1, tu décides de fonder ton propre mouvement religieux pour répondre à ta quête de sens. Ce mouvement doit naître de ton imaginaire ». Production attendue : une description détaillée d'une religion inventée respectant la structure exigée.

Regroupés dans des équipes de quatre les écoliers doivent donc faire appel à leur imaginaire pour réaliser le projet suivant :

*inventer un fondateur et un mythe fondateur ;
*inventer un Dieu ou des dieux et en nommer les attributs ;
*inventer un code moral ;
*inventer un livre sacré ;
*inventer quelques rituels ;
*inventer quelques objets de culte.

On nous dit que ce cahier d'activités n'a pas été officiellement approuvé, donc qu'on ne doit pas prendre l'affaire trop au sérieux. Pourtant, il s'agit bien d'un outil de travail reconnu que l'on met à la disposition des enseignants et des jeunes. On y trouve un tas de trucs sur le vivre-ensemble et le dialogue. Certains éléments sont intéressants, mais le tout projette l'image d'un fouillis où s'entremêlent les bonnes intentions et la confusion. On ne réussit pas à retracer le fil conducteur qui assure l'unité de l'oeuvre. L'ensemble est gentil, sirupeux, un peu gnangnan.

Quant à la perle bizarre, elle suscite une interrogation bien particulière puisqu'elle équivaut à un affront atteignant toutes les religions. Pourtant un des objectifs du cours est, nous dit-on, d'encourager une approche inclusive et tolérante envers les croyances. Or pour en arriver à inventer une bizarrerie pareille il faut au moins implicitement avoir assumé les trois postulats suivants : 1) toutes les religions se valent ; 2) mises ensemble elles ne valent pas grand-chose ;3) aussi bien s'en moquer et en tirer un passe- temps.

Voyons la pratique et tâchons d'imaginer d'éventuelles conséquences. A quatre participants par équipe il serait possible d'inventer cinq ou six religions par classe, chacune avec son ou ses dieux, son code moral, ses rituels. Des centaines de nouvelles religions pourraient ainsi émerger à l'échelle du Québec. Un vrai déferlement de religiosité. Même les adeptes du relativisme et du pluralisme normatif risqueraient d’être emportés par le courant. Les enseignants n'y pourraient rien, car il leur est interdit d’exprimer une opinion personnelle. Brouillard et confusion. Montée prévisible d'un sentiment de mépris envers tout ce qui est religieux. Est-ce là le but recherché ?

On peut heureusement prévoir que le déferlement n'aura pas lieu, car les jeunes sont capables de faire preuve de sens commun, plus que ceux qui ont inventé ce jeu. On peut aussi faire confiance au sens critique de parents qui sauront faire oeuvre d'intelligence et de discernement. Il demeure qu'un dérapage aussi grossier sème l'inquiétude. Des parents se demandent si la potion magique qu'on fait ingurgiter à leurs enfants au nom du vivre-ensemble ne serait pas toxique. Ce qui incite certains d'entre eux à invoquer le droit d'exemption pour les jeunes dont ils ont la charge. Ils appliquent le principe de précaution. C'est une saine prudence qui les incite à agir ainsi.

L'un des grands esprits qui ont concocté le nouveau cours a affirmé avec assurance qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde l'équivalent d'un tel produit pédagogique. En découvrant le jeu Youpi ma religion à moi ! , je suis enclin à croire qu'il a raison. Car il est sûrement hors du commun d'inventer pareil passe-temps dans le domaine religieux. C'est « le bout du bout », comme m'a dit l'un de mes amis, pédagogue renommé qui fut longtemps enseignant et directeur d'école.

LOUIS O'NEILL
Mai 2009


Lettre parue dans l'édition du 4 mai 2009 du journal Le Devoir et reproduite sur le site internet de l'auteur CHRONIQUE DE LOUIS O'NEILL



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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Louis O'Neill le Vendredi 8 Mai 2009

Galerie
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