Suite à la suggestion de l'abbé Simon-Pierre Pelletier,curé de Rivière-Ouelle, Mgr Yvon-Joseph Moreau, nouvel évêque du diocèse de Ste-Anne-de-la-Pocatière, a accepté de partager avec les internautes le texte de l'homélie qu'il prononçait le 15 mars à Saint-Philippe-de-Néri et Mont-Carmel. Il y fait notamment allusion au cas de la petite fille du Brésil violée par son beau-père et qu'on a fait avorté. Rappelons que l'archevêque de Recife en rappelant que l'excommunication s'appliquait dans les cas d'avortement a suscité toute une controverse qui n'est pas encore terminée.


NOUS NE POUVONS NOUS TAIRE
Homélie pour le 3e Dimanche du Carême - 15 mars 2009 : "Tenir tout l'Évangile, et seulement l'Évangile"

Dans cet évangile que nous venons d'entendre, le plus important n'est pas la colère de Jésus, même si elle peut créer sur nous une forte impression ; le plus important, c'est la belle révélation que nous fait Jésus en nous disant que son corps de Ressuscité est le nouveau temple où nous pouvons rencontrer Dieu... Il y aurait beaucoup à réfléchir sur cette révélation et sur les conséquences qu' elle peut avoir sur nos façons de regarder nos temples de pierre aujourd'hui, qu'il s'agisse de magnifiques basiliques ou d'églises plus humbles de nos campagnes...

Non, la colère de Jésus n'est pas ce qui est le plus important, mais elle peut nous aider à mieux situer la colère que plusieurs d' entre nous nous avons pu éprouver cette semaine devant l'annonce de l'excommunication prononcée par un évêque du Brésil à l'égard d'une maman et d'un groupe de médecins qui avaient jugé devoir procéder à l'interruption de grossesse d'une jeune fille de 9 ans, enceinte suite à un viol.

Il est certes délicat de parler de cette situation, mais il me semble que nous ne pouvons nous taire tout simplement... Le jour où j'ai été nommé évêque, le 18 octobre dernier, j'ai fait une prière que je partage avec vous aujourd'hui. Dans cette prière, je présentais une demande au Seigneur : Père Saint,que ton Esprit s 'empare totalement de mon esprit et de ma bouche afin que je ne prononce aucune parole qui trahisse l 'Évangile de Jésus, aucune parole qui trahisse ta volonté de salut envers tous, aucune parole qui conduise un de tes enfants à désespérer.

Et j 'espère que le Seigneur exaucera ma prière aujourd'hui en m'inspirant des paroles appropriées aux circonstances, et fraternelles envers tous, même envers ceux dont nous ne partageons pas la façon de voir.
Oui, lorsque nous parlons au nom de Jésus, il est important que notre parole ne trahisse pas son évangile, et, en même temps, il est important que notre parole ne conduise personne au désespoir, car Jésus n'est pas venu condamner, mais chercher et sauver ce qui était perdu (Lc 19, 10). Jésus s'est fait tellement proche de ceux et celles que la société condamnait que certains l'ont critiqué ouvertement et lui ont exprimé des reproches en disant : Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux (Lc 15, 2).

A fréquenter l'Évangile, nous découvrons surtout un Jésus compatissant et accueillant devant les malades et les pécheurs. Lorsque nous rencontrons un Jésus en colère, c'est que Jésus se trouve devant des personnes qui faussent la pratique religieuse et en font un trafic d'argent en exploitant les autres (cf. évangile d'aujourd'hui), ou qu'il se trouve en présence de personnes qui imposent aux autres des fardeaux impossibles à porter et qu'ils ne sauraient remuer du doigt (cf. Lc 11, 46). Lorsque nous entendons Jésus prononcer des paroles dures dans l'Évangile, c'est qu'il se trouve devant des personnes suffisantes et orgueilleuses qui condamnent tous ceux et celles qui ne coïncident pas avec leurs canons de pureté morale...

Prenons le temps d'observer comment Jésus se comporte avec Zachée ou Lévis le publicain, avec la femme surprise en délit d'adultère, avec la pécheresse publique qui lui embrasse les pieds en les parfumant... Devant toutes ces personnes qui ont péché par faiblesse ou qui se sont risquées sur des chemins hasardeux, Jésus se montre toujours accueillant et fait preuve d'une compassion exemplaire...
C'est ce Jésus que nous devons contempler toujours plus afin d'apprendre de lui les attitudes justes et fraternelles devant toute personne qui manque à nos critères de bonne conduite morale... Il y a là une urgence pour notre Église aujourd'hui, devant des situations humaines de plus en plus complexes, devant des enjeux éthiques qu'il n'est pas toujours faciles de bien évaluer.

Tenir la vérité entière de l'évangile et de la bonne nouvelle du salut exige que nous contemplions longuement Jésus, que nous l'écoutions avec un coeur humble et aimant...

Tenir tout l'évangile et seulement l'évangile est une démarche exigeante, car elle suppose une recherche constante d'équilibre entre vérité et amour, entre exigence et compassion, l'amour et la compassion gardant toujours la priorité et ayant droit au dernier mot...

En tant qu'humain et pécheur, en tant que moine et évêque, je serais plus heureux de faire partie d'une Église qui pourrait se tromper par excès de compassion et d'attention aux personnes, que de faire partie d'une Église qui se tromperait par excès d'intransigeance et de rigueur à défendre ce qu'elle pense la vérité...

Il nous faut tous consentir au mystère de ce Dieu plus grand que nous et dont la miséricorde n'a pas fini de nous surprendre, au mystère de ce Dieu dont nous a parlé saint Paul : La folie de Dieu est plus sage que l'homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme. Puisse le Seigneur apprendre à notre Église et à chacun et chacune d'entre nous comment consentir à sa faiblesse pour avoir part à sa force, comment consentir à sa folie pour avoir part à sa sagesse !

+ Yvon-Joseph Moreau --- Saint-Philippe et Mont-Carmel


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Rédigé par Mgr Yvon-Joseph Moreau le Samedi 28 Mars 2009

Actualité

Tribune des lecteurs du journal Le Devoir (Montréal) Édition du jeudi 26 mars 2009.

La tempête médiatique qui s'est abattue sur l'Église catholique au cours des dernières semaines oblige celle-ci à procéder à un véritable examen de conscience. Lire la suite.


UN EXAMEN S`IMPOSE
Il en va de la crédibilité de son message moral. Bien plus, il en va du sens même de sa mission dans le monde: dévoiler le visage d'un Dieu amour qui en Jésus-Christ a assumé toutes les souffrances et tous les espoirs qui traversent le coeur humain.

On ne peut reprocher à une institution comme l'Église de proposer à l'humanité un idéal moral qui fait appel à tout ce qu'il y a de meilleur dans l'être humain: des relations sexuelles qui, dans leur matérialité même, expriment un engagement profond et durable des deux partenaires; un respect résolu de la vie humaine qui se traduit dans le combat pour la justice et le refus d'attenter à toute semence de vie. Mais ce message [...] doit tenir compte de la complexité des situations dans lesquelles se débattent ceux et celles qui doivent décider des actions à poser. Saint Thomas d'Aquin ne disait-il pas que la vertu de prudence doit diriger l'action concrète et que, pour cela, elle se devait d'allier à la connaissance des principes (raison universelle) la connaissance des conditions concrètes (connaissance particulière)? Et il ajoutait: «S'il lui arrive de n'en avoir qu'une, il est préférable que ce soit la connaissance particulière pour la bonne raison qu'elle touche de plus près l'opération» (Commentaire à l'Éthique à Nicomaque, livre 6, leçon 6).

Le discours ecclésial semble parfois bien déficient sur ce point lorsqu'il aborde des situations concrètes. Mais les médias en rajoutent lorsqu'ils extraient d'un texte ou d'une entrevue une simple phrase qu'ils montent en épingle sans la situer dans son contexte. Peut-être ont-ils eux aussi à faire un examen de conscience!


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Rédigé par Pierre Gaudette le Samedi 28 Mars 2009
LE CURE BRESILIEN S'EXPLIQUE
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Notre ville a été secouée par une nouvelle tragique : une enfant de neuf ans victime des abus sexuels de son beau père était enceinte de jumeaux. Sa sœur aînée, âgée de 13 ans, avait subi les mêmes sévices. Cette horrible histoire durait depuis près de trois ans.

Quand le conseil de Alagoinha a découvert les faits, il a tenté de tout mettre en œuvre pour aider les enfants et les parents. Le 27 février, la justice a confié les enfants à l’institut médical légal de Caruaru, dans l’Etat de Pernambuco. D’autres examens complémentaires ont été réalisés (avec des sexologues, des psychologues) ensuite à l’institut médical de l’enfance de Recife. C’est à cet endroit que la victime a rencontré une assistante sociale du nom de Karolina Rodrigues et son assistante Marie-José Gomes. Cette dernière a refusé l’hypothèse de l’avortement au nom de sa conscience chrétienne. Karolina Rodrigues a décidé de porter ce cas devant le conseil de Alagoinha. Les cinq conseillers de la ville ont refusé pour les mêmes motifs. Ils ont transmis leur avis à l’institut médical de Caruaru. Une copie a été donnée à Karolina Rodrigues en ma présence et celle du père de la victime, monsieur Erivaldo.

Le 28 février, je suis invité à participer au conseil de l’institut médical de l’enfance de Recife en compagnie de Marie-José Gomes et de deux membres de notre paroisse. Nous en profitons pour aller visiter la victime et sa mère. Elles se trouvent au quatrième étage de l’établissement, dans un appartement isolé. L’accès est très strict. Je suis obligé de rester dans le couloir mais j’arrive à parler avec la mère de la petite. Elle m’avoue ‘avoir signé des papiers’. Je m’inquiète car cette femme est analphabète. Comme elle est incapable d’apposer sa signature, on a pris ses empreintes digitales. Je lui demande ce qu’elle pense à propos de l’avortement. Elle montre des sentiments très maternels et surtout une préoccupation extrême pour sa fille. Elle répond : ‘je ne veux pas que ma fille avorte… » La maman me parle de son état de santé : ‘ça va bien, elle joue avec des poupées qu’on vient de lui donner.’ Nous repartons avec la ferme conviction que la mère est totalement défavorable à l’avortement de ses petits fils. ‘Personne n’a le droit de tuer personne’ ajoute-t-elle. ‘Seul Dieu peut disposer de la vie…’

Le 2 mars, nous retournons à l’institut de Recife. Nous sommes autorisés à monter au 4e étage pour visiter la victime. Mais, arrivés au premier étage, un fonctionnaire de l’institut nous interdit de monter plus haut. Il nous demande de voir l’assistante sociale dans un autre bâtiment. Nous tombons nez à nez avec Karolina Rodrigues. Je suis en compagnie de Marie José Gomes et de monsieur Erivaldo qui s’oppose à ‘l’avortement de ses petits fils’. Quand l’assistante découvre mon identité, elle dit devant tout le monde : ‘il s’agit d’une affaire médicale même si le prêtre qui est là estime qu’il s’agit d’une question de morale.’ Nous interrogeons Karolina Rodrigues sur l’état de santé de l’enfant. Elle affirme que tout est déjà résolu avec l’accord de la maman. La procédure médicale va suivre son cours. Elle insiste sur son état critique sans fournir aucun élément de la part d’un médecin. Elle se retranche aussi derrière la loi : ‘dans ce cas, le mieux est de sauver la vie de l’enfant’. Nous répondons : ‘il n’y a pas une seule vie à sauver mais trois !’ Elle ne veut rien entendre. Karolina Rodrigues demande à Monsieur Erivaldo de lui parler seul à seul. Pendant près de 25 minutes. En sortant, ce dernier me révèle qu’il vient de changer d’avis à propos de l’avortement : ‘l’assistante m’a prévenu que ma fille était menacée de mort... Si elle est en danger, il faut la sauver… Quitte à lui retirer les fœtus’ a-t-il murmuré.

Tout paraissait alors terminé. C’est alors que l’archevêque de Recife, dom José Cardoso, et l’évêque de Pesqueira, dom Franceso Biasin, se sont impliqués dans la procédure. Mgr Cardoso a convoqué un groupe de médecins, d’avocats, de psychologues, de juristes pour étudier la légalité de cette affaire. Lors de cette réunion, le 3 mars, à la résidence de l’archevêque, il y avait le directeur de l’institut médical de l’enfance de Recife, Antonio Figueiras. Il a reconnu en public les pressions exercées par Katerina Rodrigues. Il a contacté l’hôpital pour suspendre l’avortement.

Un peu plus tard, l’archevêque de Recife reçoit un appel de monsieur Figueiras l’informant qu’un groupe féministe – Curumin – aurait convaincu la maman d’accepter un transfert de sa fille vers un autre hôpital. Nous retournons sur place avec Maria Gomes. On l’a fait attendre en prétextant la rotation des équipes (l’enfant était déjà transférée). Personne n’ose lui dire quelque chose. Comment une personne en péril de mort peut-elle obtenir un bon de sortie ? Comment l’état de la victime a-t-il pu changer si rapidement ? Qu’est-ce que le Curumin a pu dire à la mère ?

Le 4 mars, nous apprenons que l’enfant est internée à l’hôpital de CISAM (centre intégral de santé Amaury de Medeiros spécialisé dans les grossesses à risques). Cela se trouve au nord de Recife. Notre espoir de voir deux enfants vivants disparaît brutalement. Tout cela à cause d’une manipulation de conscience et d’un manque de respect pour la vie humaine. J’ai raconté tout cela pour que les gens sachent la vérité. »

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Rédigé par Père Rodrigues le Samedi 28 Mars 2009

Nicodème à la rescousse. "Dieu a tant aimé le monde..." Homélie pour 4e dimanche du Carême, Année liturgique B, 22 mars 2009, par l'abbé Michel Fournier, curé de la paroisse Bienheureux François de Laval à Québec sur l'excommunication survenue au Brésil et sur les derniers gestes du pape qui ont fait l'actualité. Textes de l'Écriture: 2 Chroniques 36,14-16.19-23, Eph 2,4-10 et Jn 3, 14-21.


EXCOMMUNICATION, VOUS DITES?
La Parole de Dieu proclamée ce dimanche arrive à point pour éclairer notre foi, susciter notre espérance, faire grandir notre charité. J'aimerais attirer votre attention sur certains passages qui ont retenu la mienne et faire le lien avec une actualité religieuse plutôt tapageuse de ces dernières semaines.

Dans l'évangile de ce jour, Jésus dit à Nicodème, ce notable parmi les juifs qui est venu le rencontrer pendant la nuit, à la cachette : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16).
Et Jésus lui dit encore : « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que par lui le monde soit sauvé » (Jn 3, 17).

Dans la seconde lecture, pour sa part, l'apôtre saint Paul écrit aux Éphésiens : « C'est Dieu qui nous as faits, il nous a créés en Jésus Christ pour que nos actes soient vraiment bons, conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous et que nous devons suivre » (Ep 2, 10).

À ces passages de la Parole de Dieu j'aimerais rattacher aussi le thème qui nous est proposé pour l’ensemble de la démarche liturgique du Carême. Adressé à Dieu, ce thème s’énonce ainsi : « Tu aimes le monde et nous marchons avec toi » (VL 376).

On peut résumer ainsi et obtenir le noyau central de la Parole de Dieu de ce dimanche de Carême : Dieu a créé le monde, il aime ce qu'il a créé; il y envoie son Fils pour enseigner à ceux qu'il a créés comment bien agir; le Fils ne vient pas pour juger mais pour sauver.

Il se dégage de ces quelques phrases une impression de confiance; le ton est positif, l'être humain est marqué par une grande dignité. Ces paroles mettent de la lumière dans notre vie de personnes baptisées. Malheureusement, cette impression et ce ton semblent bien peu en accord avec une certaine actualité religieuse qui est rapportée dans les journaux et les bulletins de nouvelles télévisés. Depuis environ deux ou trois semaines, plusieurs nouvelles à caractère religieux ont fait le tour de la planète et suscité des commentaires parfois assez virulents contre l'Église catholique ou contre ses dirigeants ou contre son enseignement. Ces nouvelles viennent apparemment discréditer le message positif de la Parole de Dieu sur laquelle nous méditons. Je me permets de rappeler quelques unes de ces nouvelles.

- Il y a d'abord le cas bouleversant de cette fillette brésilienne devenue enceinte par suite du viol commis sur elle par son beau-père; une équipe médicale et sa mère ont jugé que la vie de cette enfant était en danger et ils ont interrompu sa grossesse en pratiquant sur elle un avortement. L'évêque du lieu a eu connaissance de la chose et il a aussitôt excommunié la mère et les médecins. Pour couronner le tout, une haute autorité de Rome, non pas le Pape mais un de ses proches collaborateurs, a approuvé l'excommunication.

- Pour un deuxième cas, ce n'est pas l'imposition de l'excommunication mais plutôt la levée de l'excommunication qui fait problème. Le Pape a levé l'excommunication qui avait été imposée à quatre évêques ordonnés sans l'autorisation de Rome en 1988. Ces quatre évêques sont membres d'un groupe de catholiques qu'on appelle intégristes parce qu'ils rejettent l'enseignement du Concile Vatican II, qu'ils défient l'autorité du Pape et qu'ils célèbrent la messe selon les anciens rites, notamment en latin. De plus, et ce n'est pas la moindre des choses, un de ces quatre évêques se permet d'affirmer qu'il n'y a pas eu de massacre des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale. Devant le remous provoqué par cette affaire, le Pape a senti le besoin d'écrire une lettre à tous les évêques du monde pour expliquer sa conduite; c'est du jamais vu!

- Pour un troisième cas, il y a cette déclaration du Pape concernant l'usage des préservatifs dans les rapports sexuels et l'impact de cette pratique sur la diffusion du sida. Le Pape était en avion, en voyage vers l'Afrique et il répondait à une question de journaliste. Cette conversation a fait le tour du monde dans le temps de le dire. Les réactions contre les propos du Pape ont été vives, virulentes, violentes même, c'est le moins qu'on puisse dire.

De ces trois événements j'aimerais retenir le premier, celui de la fillette brésilienne pour tenter d'en dégager quelques leçons. Disons le directement : l'évêque qui a lancé l'excommunication n'aurait jamais dû le faire et l'autorité romaine n'aurait jamais dû l'entériner. Au vu des circonstances de vie de la fillette, la loi de l'Église ne lui imposait pas, mais pas du tout, cette conduite (Can 1323 1324). Provoquer une interruption de grossesse est évidemment une décision très grave. Mais on était en présence d'une enfant ayant subi des violences physique et psychologique également très graves mettant sa propre vie en péril. Le principe du respect de la vie ne s'applique pas seulement pour le foetus. On peut retenir que l'extrême gravité de ce cas, et j'oserais même dire le caractère scandaleux de la décision de l’évêque, a provoqué plusieurs autres évêques à publier des lettres pour dénoncer la décision de leur collègue brésilien. On peut retenir aussi que dans la délicate question de l'interruption de grossesse, le critère du respect de la vie du foetus n'est désormais pas le seul à pouvoir être placé au-dessus de tous les autres.

Un prélat romain, archevêque et président de l'Académie pontificale pour la vie, Mgr Rino Fisichella a écrit ceci dans le journal du Vatican, l'Osservatore Romano : « Avant de penser à l'excommunication, il était nécessaire et urgent de sauvegarder sa vie innocente et de la ramener à un niveau d'humanité dont nous, les hommes d'Église, devrions être des annonciateurs experts et des maîtres. Il n'en a pas été ainsi et, malheureusement, la crédibilité de notre enseignement s'en ressent, apparaissant aux yeux de tant de personnes comme insensible, incompréhensible et privé de miséricorde ». (OR 17 mars 2009).

Dans une lettre adressée aux diocésains et diocésaines de Québec, notre archevêque, le cardinal Ouellet, a pris position sur cette question et il a fait siens les propos de Mgr Fisichella.

En conclusion, on peut se demander : Y a-t-il une bonne nouvelle présente dans ce drame brésilien? Y a-t-il quelque chose d'évangélique à y découvrir? Oui il y en a si on garde en mémoire que chez les humains l'application de la loi morale passe toujours par le jugement de la conscience. Dans cet espace de la conscience, chaque personne humaine peut entendre la voix de Dieu qui appelle, Dieu qui offre sa miséricorde. L'Évangile nous donne des exemples de ce que veut dire Jésus lorsqu'il déclare qu'il n'est pas venu abolir la Loi mais l'accomplir.

Rappelons-nous le cas de cette femme prise en flagrant délit d'adultère et qu'on amène à Jésus pour la lapider, comme c'est prévu dans la Loi de Moïse. « Que celui qui est sans péché lui lance la première pierre » dit Jésus. Et tous se retirent sans procéder à la lapidation. Jésus dit à la femme : «Va et désormais ne pèche plus» (Jn 8, 2-11). En agissant ainsi, Jésus n'encourage pas l'adultère mais il introduit la puissance transformante de la miséricorde divine.

Rappelons-nous aussi le cas de Joseph qui voyant Marie sa fiancée enceinte avant qu'ils aient habité ensemble, envisage de la répudier comme il est prescrit de le faire dans la Loi de Moïse. Mais voilà que sur la parole d'un ange, dans un acte de foi qui jaillit du fond de sa conscience, Joseph va au-delà de la loi et il accueille Marie et devient le père nourricier du Messie de Dieu (Mt 1, 18-25).

Avec le jugement de la conscience, on peut dépasser le légalisme et faire de la mise en oeuvre de la loi morale un moyen de rencontrer Dieu au plus intime de soi-même.

On retrouve alors la beauté des paroles de Jésus qui dit à Nicodème dans l'Évangile que le Fils de Dieu est envoyé dans le monde non pas juger le monde mais pour le sauver. On comprend que ce que l'apôtre Paul écrit aux Éphésiens il y a deux mille ans s'adresse encore à nous aujourd'hui. Dieu nous a créés en Jésus Christ et rendus capables de bien agir si nous marchons avec lui.

N’hésitons pas à le suivre avec tout notre enthousiasme, toute notre ardeur. Car il aime le monde et il veut le sauver. Il ira jusqu'à la mort sur une croix pour accomplir se mission. Sa Parole est la lumière qui inspire notre conscience, qui éclaire notre route.


Michel Fournier, ptre
Curé de la paroisse Bienheureux François de Laval à Québec
Prêtre résidant au Séminaire de Québec

le 22 mars 2009

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Rédigé par Michel Fournier le Samedi 28 Mars 2009

BENOÎT XVI, UN DES DERNIERS DÉFENSEURS DE LA RAISON

Lisez ce commentaire du sous-prieur de dominicains de Bordeaux. La levée de boucliers contre le pape y reçoit une interprétation qui fait réfléchir. Bonne lecture


PAPE PRIS A PARTIE...ET APRES?
Benoît XVI est-il en train de perdre le capital de sympathie laborieusement acquis depuis son élection, le 19 avril 2005 ? On s'en souvient, le choix du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi pour succéder à Jean-Paul II n'avait alors guère soulevé d'enthousiasme. Très vite, cependant, on découvrit que le pape « conservateur rétrograde et dogmatique » était un homme courageux, d’une immense culture et ouvert au dialogue avec tous. Aux États-Unis, en Australie, en France, il su trouver les mots pour retourner une opinion qui ne lui était pas d'emblée favorable.

Ses récents propos sur le sida et le préservatif ne viennent-ils pas anéantir tout le bénéfice d’une politique de la « main tendue », seule ligne de conduite qu'affirme suivre Benoît XVI depuis le début de son pontificat ?

Dans l'avion qui l'emmène vers l'Afrique, interrogé par des journalistes, le pape prétend en effet que « si on n'y met pas l'âme, si on n'aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau (du sida) par la distribution de préservatifs : au contraire cela augmente le problème ». Traduction : mettre un préservatif expose au sida. Tollé d'indignations : ce pape « commence à poser un vrai problème », il est « dans une posture irresponsable », il « risque de provoquer des centaines, voire des milliers de morts ».

L'unanimité un peu suspecte, la rivalité des politiques et des people dans la surenchère laissent songeur... Mais c'est surtout cette contradiction qui m'étonne, affirmant dans le même temps que plus personne ne tient compte des principes moraux énoncés par le pape et que son discours va « alimenter le nombre d'infections ». Pour la prévention du sida, il n'y aurait donc que le préservatif.

Chacun le sait pourtant, le préservatif n'a qu'un impact limité sur l'épidémie parce que la protection est imparfaite, parce que l'usage est souvent irrégulier, parce qu'il favorise la désinhibition qui incite à prendre des risques conduisant un jour ou l'autre à l'infection. Chacun sait que la politique en place depuis près d'un quart de siècle n'a pas donné les résultats attendus et que l'épidémie continue à progresser avec 3 à 4 millions de contaminations par an. Mais la confiance absolue dans le préservatif reste, dans les pays occidentaux, l'unique message à destination du public. Je n'oserais pas dire qu'une prévention uniquement centrée sur le latex relève du « dogme » : elle relève de la pure idéologie.

L'Église, d'abord parce qu'elle a en charge 27 % des centres de traitement des malades du sida dans le monde, estime avoir le droit de proposer une alternative. Ce que le pape a vraiment dit, c'est que la réponse au sida n'est pas tant dans un moyen mécanique que dans le changement des comportements, dans une « humanisation de la sexualité », dans « une nouvelle manière de se comporter l'un avec l'autre ». En Afrique, là où les comportements ont changé, le sida a reculé. En Ouganda, chose impensable pour nous Français, le programme ABC combine les méthodes pour réduire les risques : Abstain, Be faithful, and if you must, use Condom (Abstiens-toi, sois fidèle et, si tu dois, utilise le préservatif).

L'Église ne dit pas autre chose : on ne doit pas « donner la mort ». En plaidant pour une éducation à une sexualité responsable - et c'est ce qu'on attend de lui -, le pape est accusé de « meurtre prémédité », de « crime contre l'humanité ». On ne peut assister en spectateur muet à ce renversement de responsabilité, à la remise en marche du mécanisme de la victime émissaire, à ce rejet viscéral et infantile de la figure du « père ». Les décideurs et faiseurs d'opinion ne pouvaient s'attaquer à Jean-Paul II, véritable personnage historique de son vivant, mais ils feront tout pour rendre le pontificat de Benoît XVI invivable. Le vrai courage politique consisterait plutôt à soutenir le pape comme un des derniers défenseurs de la raison dans le désarroi contemporain. Nos responsables politiques ont beau jeu de « tomber des nues », d'être « ahuris », « catastrophés » par ses propos en Afrique. Benoît XVI, lui, pense que les Africains peuvent transformer ce continent de tous les fléaux en « un continent de l'espérance ».

frère Joël Boudaroua

sous-prieur des dominicains de Bordeaux
Aumônier des artistes,
Aumônier de l'école Saint Clément à Cudos

Tribune libre publiée dans le Journal Sud Ouest et repris dans Catholique.org


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Rédigé par Joël Boudaroua le Vendredi 27 Mars 2009

Comme le dit le père Federico Lombardi, S.J., Directeur de la Salle-de-Presse du Saint-Siège, la Lettre adressée par le Pape à l'épiscopat le 12 mars 2009 sur la levée des excommunications des évêques consacrés par Mgr Lefebvre est un document "peu habituel et digne de la plus grande attention...d'autant qu'avant son élection, le Saint-Père s'était exprimé sur ce sujet controversé".

Benoît XVI, continue-t-il, "a souffert des réactions provoquées par son geste de rémission" et il s'est senti obligé d'intervenir "afin de contribuer au retour de la paix dans une l'Eglise perturbée". Avec sa lucidité et son humilité caractéristiques, le Pape, ajoute le père Lombardi, reconnaît les imprécisions et les erreurs ayant eu une influence négative sur l'initiative, n'en attribue pas la faute à autrui et se dit solidaire de ses collaborateurs.


LETTRE PEU HABITUELLE DU PAPE
Sur Radio Vatican, le 13 mars, le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, donne son sentiment sur la lettre du Pape au sujet de la levée d' excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre

Écoutez cet entretien

VATICAN INFORMATION SERVICE

XIXº ANNEE - Nº 48
FRANÇAIS
JEUDI, 12 MARS 2009
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LETTRE SUR LA LEVEE DES 4 EXCOMMUNICATIONS

CITE DU VATICAN, 12 MARS 2009 (VIS). Aujourd'hui a été rendue publique la
Lettre de Benoît XVI à l'épiscopat catholique au sujet de la levée de
l'excommunication des évêques consacrés par Mgr.Lefebvre. En voici la
version française:

"Chers frères dans l'épiscopat. La levée de l'excommunication des quatre
évêques, consacrés en 1988 par Mgr.Lefebvre sans mandat du Saint-Siège, a
suscité, pour de multiples raisons, au sein et en dehors de l'Eglise
catholique une discussion d'une véhémence telle qu'on n'en avait plus connue
depuis très longtemps. Cet événement, survenu à l'improviste et difficile à
situer positivement dans les questions et dans les tâches de l'Eglise
d'aujourd'hui, a laissé perplexes de nombreux évêques. Même si beaucoup
d'évêques et de fidèles étaient disposés, à priori, à considérer
positivement la disposition du Pape à la réconciliation, néanmoins la
question de l'opportunité d'un tel geste face aux vraies urgences d'une vie
de foi à notre époque s'y opposait. Inversement, certains groupes accusaient
ouvertement le Pape de vouloir revenir en arrière, au temps d'avant le
Concile Vatican II: d'où le déchaînement d'un flot de protestations, dont
l'amertume révélait des blessures remontant au-delà de l'instant présent.
C'est pourquoi je suis amené à vous fournir quelques éclaircissements, qui
doivent aider à comprendre les intentions qui m'ont guidé moi-même ainsi que
les organes compétents du Saint-Siège à faire ce pas. J'espère contribuer
ainsi à la paix dans l'Eglise.

Le fait que le cas Williamson se soit superposé à la levée de
l'excommunication a été pour moi un incident fâcheux imprévisible. Le geste
discret de miséricorde envers quatre évêques, ordonnés validement mais non
légitimement, est apparu tout à coup comme totalement différent: comme le
démenti de la réconciliation entre chrétiens et juifs, et donc comme la
révocation de ce que le Concile avait clarifié en cette matière pour le
cheminement de l'Eglise. Une invitation à la réconciliation avec un groupe
ecclésial impliqué dans un processus de séparation se transforma ainsi en
son contraire : un apparent retour en arrière par rapport à tous les pas de
réconciliation entre chrétiens et juifs faits à partir du Concile, pas dont
le partage et la promotion avaient été dès le début un objectif de mon
travail théologique personnel. Que cette superposition de deux processus
opposés soit advenue et qu'elle ait troublé un moment la paix entre
chrétiens et juifs ainsi que la paix à l'intérieur de l'Eglise, est une
chose que je ne peux que déplorer profondément. Il m'a été dit que suivre
avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet
aurait permis d'avoir rapidement connaissance du problème. J'en tire la
leçon qu'à l'avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à
cette source d'informations. J'ai été peiné du fait que même des
catholiques, qui au fond auraient pu mieux savoir ce qu'il en était, aient
pensé devoir m'offenser avec une hostilité prête à se manifester. C'est
justement pour cela que je remercie d'autant plus les amis juifs qui ont
aidé à dissiper rapidement le malentendu et à rétablir l'atmosphère d'amitié
et de confiance, qui -comme du temps de Jean-Paul II- comme aussi durant
toute la période de mon pontificat a existé et, grâce à Dieu, continue à
exister.

Une autre erreur, qui m'attriste sincèrement, réside dans le fait que la
portée et les limites de la mesure du 21 janvier 2009 n'ont pas été
commentées de façon suffisamment claire au moment de sa publication.
L'excommunication touche des personnes, non des institutions. Une ordination
épiscopale sans le mandat pontifical signifie le danger d'un schisme, parce
qu'elle remet en question l'unité du collège épiscopal avec le Pape. C'est
pourquoi l'Eglise doit réagir par la punition la plus dure,
l'excommunication, dans le but d'appeler les personnes punies de cette façon
au repentir et au retour à l'unité. Vingt ans après les ordinations, cet
objectif n'a malheureusement pas encore été atteint. La levée de
l'excommunication vise le même but auquel sert la punition: inviter encore
une fois les quatre évêques au retour. Ce geste était possible une fois que
les intéressés avaient exprimé leur reconnaissance de principe du Pape et de
son autorité, bien qu'avec des réserves en matière d'obéissance à son
autorité doctrinale et à celle du Concile. Je reviens par là à la
distinction entre personne et institution. La levée de l'excommunication
était une mesure dans le domaine de la discipline ecclésiastique: les
personnes étaient libérées du poids de conscience que constitue la punition
ecclésiastique la plus grave. Il faut distinguer ce niveau disciplinaire du
domaine doctrinal. Le fait que la Fraternité St-Pie X n'ait pas de statut
canonique dans l'Eglise, ne se base pas en fin de comptes sur des raisons
disciplinaires mais doctrinales. Tant que la Fraternité n'a pas une position
canonique dans l'Eglise, ses ministres non plus n'exercent pas de ministères
légitimes dans l'Eglise. Il faut ensuite distinguer entre le niveau
disciplinaire, qui concerne les personnes en tant que telles, et le niveau
doctrinal où sont en question le ministère et l'institution. Pour le
préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne
sont pas éclaircies, la Fraternité n'a aucun statut canonique dans l'Eglise,
et ses ministres -même s'ils ont été libérés de la sanction ecclésiastique-
n'exercent de façon légitime aucun ministère dans l'Eglise.

A la lumière de cette situation, j'ai l'intention de rattacher à l'avenir
la Commission pontificale Ecclesia Dei -institution compétente, depuis 1988,
pour les communautés et les personnes qui, provenant de la Fraternité St-Pie
X ou de regroupements semblables, veulent revenir à la pleine communion avec
le Pape- à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il devient clair
ainsi que les problèmes qui doivent être traités à présent sont de nature
essentiellement doctrinale et regardent surtout l'acceptation du Concile
Vatican II et du magistère post-conciliaire des Papes. Les organismes
collégiaux avec lesquels la Congrégation étudie les questions qui se
présentent (spécialement la réunion habituelle des Cardinaux le mercredi et
l'Assemblé plénière annuelle ou biennale) garantissent l'engagement des
Préfets des diverses Congrégations romaines et des représentants de
l'épiscopat mondial dans les décisions à prendre. On ne peut geler
l'autorité magistérielle de l'Eglise à l'année 1962. Ceci doit être bien
clair pour la Fraternité. Cependant, à certains de ceux qui se proclament
comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que
Vatican II renferme l'entière histoire doctrinale de l'Eglise. Celui qui
veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles
et il ne peut couper les racines dont l'arbre vit.

J'espère avoir ainsi éclairci la signification positive ainsi que les
limites de la mesure du 21 janvier 2009. Cependant demeure à présent la
question: cette mesure était-elle nécessaire? Constituait-elle vraiment une
priorité? N'y a-t-il pas des choses beaucoup plus importantes? Il y a
certainement des choses plus importantes et plus urgentes. Je pense avoir
souligné les priorités de mon pontificat dans les discours que j'ai
prononcés à son début. Ce que j'ai dit alors demeure de façon inaltérée ma
ligne directive. La première priorité pour le Successeur de Pierre a été
fixée sans équivoque par le Seigneur au Cénacle: Toi...affermis tes frères.
Pierre lui-même a formulé de façon nouvelle cette priorité dans sa première
Epître: Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui
vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous. A notre
époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s'éteindre
comme une flamme qui ne trouve plus à s'alimenter, la priorité qui prédomine
est de rendre Dieu présent dans ce monde et d'ouvrir aux hommes l'accès à
Dieu. Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï;
à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l'amour poussé jusqu'au
bout, en Jésus-Christ crucifié et ressuscité. En ce moment de notre
histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l'horizon des hommes et
que tandis que s'éteint la lumière provenant de Dieu, l'humanité manque
d'orientation, et les effets destructeurs s'en manifestent toujours plus en
son sein.

Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible: c'est
la priorité suprême et fondamentale de l'Eglise et du Successeur de Pierre
aujourd'hui. D'où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir
à cœur l'unité des croyants. En effet, leur discorde, leur opposition
interne met en doute la crédibilité de ce qu'ils disent de Dieu. C'est
pourquoi l'effort en vue du témoignage commun de foi des chrétiens -par
l'œcuménisme- est inclus dans la priorité suprême. A cela s'ajoute la
nécessité que tous ceux qui croient en Dieu recherchent ensemble la paix,
tentent de se rapprocher les uns des autres, pour aller ensemble, même si
leurs images de Dieu sont diverses, vers la source de la lumière. C'est là
le dialogue interreligieux. Qui annonce Dieu comme Amour jusqu'au bout doit
donner le témoignage de l'amour: se consacrer avec amour à ceux qui
souffrent, repousser la haine et l'inimitié. C'est la dimension sociale de
la foi chrétienne, dont j'ai parlé dans l'encyclique Deus Caritas Est.

Si donc l'engagement ardu pour la foi, pour l'espérance et pour l'amour
dans le monde constitue en ce moment -et, dans des formes diverses,
toujours- la vraie priorité pour l'Eglise, alors les réconciliations petites
et grandes en font aussi partie. Que l'humble geste d'une main tendue soit à
l'origine d'un grand tapage, devenant ainsi le contraire d'une
réconciliation, est un fait dont nous devons prendre acte. Mais maintenant
je demande: Etait-il et est-il vraiment erroné d'aller dans ce cas aussi à
la rencontre du frère qui a quelque chose contre toi, et de chercher la
réconciliation? La société civile aussi ne doit-elle pas tenter de prévenir
les radicalisations et de réintégrer -autant que possible- leurs éventuels
adhérents dans les grandes forces qui façonnent la vie sociale, pour en
éviter la ségrégation avec toutes ses conséquences? Le fait de s'engager à
réduire les durcissements et les rétrécissements, pour donner ainsi une
place à ce qu'il y a de positif et de récupérable pour l'ensemble, peut-il
être totalement erroné? Moi-même j'ai vu, dans les années qui ont suivi
1988, que, grâce au retour de communautés auparavant séparées de Rome, leur
climat interne a changé, que le retour dans la grande et vaste Eglise
commune a fait dépasser des positions unilatérales et a atténué des
durcissements de sorte qu'ensuite en ont émergé des forces positives pour
l'ensemble. Une communauté dans laquelle se trouvent 491 prêtres, 215
séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117
frères, 164 sœurs et des milliers de fidèles peut-elle nous laisser
totalement indifférents? Devons-nous impassiblement les laisser aller à la
dérive loin de l'Eglise? Je pense par exemple aux 491 prêtres. Nous ne
pouvons pas connaître l'enchevêtrement de leurs motivations. Je pense
toutefois qu'ils ne se seraient pas décidés pour le sacerdoce si, à côté de
différents éléments déformés et malades, il n'y avait pas eu l'amour pour le
Christ et la volonté de L'annoncer et avec lui le Dieu vivant. Pouvons-nous
simplement les exclure, comme représentants d'un groupe marginal radical, de
la recherche de la réconciliation et de l'unité? Qu'en sera-t-il ensuite?

Certainement, depuis longtemps, et puis à nouveau en cette occasion
concrète, nous avons entendu de la part de représentants de cette communauté
beaucoup de choses discordantes, comme suffisance et présomption, fixation
sur des unilatéralismes etc. Par amour de la vérité je dois ajouter que j'ai
reçu aussi une série de témoignages émouvants de gratitude, dans lesquels
était perceptible une ouverture des cœurs. Mais la grande Eglise ne
devrait-elle pas se permettre d'être aussi généreuse, consciente de la
grande envergure qu'elle possède, consciente de la promesse qui lui a été
faite? Ne devrions-nous pas, comme de bons éducateurs, être aussi capables
de ne pas prêter attention à différentes choses qui ne sont pas bonnes et
nous préoccuper de sortir des étroitesses? Et ne devrions-nous pas admettre
que dans le milieu ecclésial aussi sont ressorties quelques discordances ?
Parfois on a l'impression que notre société a besoin d'un groupe au moins,
auquel ne réserver aucune tolérance, contre lequel pouvoir tranquillement se
lancer avec haine. Et si quelqu'un ose s'en rapprocher -dans le cas présent
le Pape- il perd lui aussi le droit à la tolérance et peut lui aussi être
traité avec haine sans crainte ni réserve.

Chers Confrères, durant les jours où il m'est venu à l'esprit d'écrire
cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j'ai dû interpréter et
commenter le passage de l'Epître aux Galates. J'ai noté avec surprise la
rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent: Que cette
liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme. Au contraire
mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi
atteint sa perfection dans un seul commandement: Tu aimeras ton prochain
comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres,
prenez garde: vous allez vous détruire les uns les autres! J'ai toujours été
porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui
parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être
ainsi. Mais malheureusement ce mordre et dévorer existe aussi aujourd'hui
dans l'Eglise comme expression d'une liberté mal interprétée. Est-ce une
surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates? Que
tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations? Que nous devions
toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté? Et que toujours
de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême: l'amour? Le jour où
j'en ai parlé au grand séminaire, à Rome, on célébrait la fête de la Vierge
de la Confiance. De fait, Marie nous enseigne la confiance. Elle nous
conduit à son Fils, auquel nous pouvons tous nous fier. Il nous guidera,
même en des temps agités. Je voudrais ainsi remercier de tout cœur tous ces
nombreux évêques, qui en cette période m'ont donné des signes émouvants de
confiance et d'affection et surtout m'ont assuré de leur prière. Ce
remerciement vaut aussi pour tous les fidèles qui ces jours-ci m'ont donné
un témoignage de leur fidélité immuable envers le Successeur de Pierre. Que
le Seigneur nous protège tous et nous conduise sur le chemin de la paix!
C'est un souhait qui jaillit spontanément du cœur en ce début du Carême, qui
est un temps liturgique particulièrement favorable à la purification
intérieure et qui nous invite tous à regarder avec une espérance renouvelée
vers l'objectif lumineux de Pâques".


BXVI-LETTRE/LEVEE EXCOMMUNICATIONS/... VIS
090312 (2410)


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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Benoît XVI le Jeudi 12 Mars 2009

Le nombre de catholiques et de séminaristes est en hausse dans le monde. 1,4% et 0,4% : ce sont les taux respectifs d’augmentation des fidèles catholiques et des séminaristes dans le monde.


1,4% DE PLUS DE CATHOLIQUES
C'est ce qu'indique l'Annuaire pontifical 2009 qui a été présenté à Benoît XVI, le 28 février, par le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat, et par le substitut de la secrétairerie d'Etat, Mgr Fernando Filoni. Regarder cette présentation sur YouTube en anglais

Les données statistiques se réfèrent à l’année 2007 et concernent les 2 936 circonscriptions ecclésiastiques de la planète.

L'Annuaire pontifical précise l'expansion du nombre de catholiques (1,4 %) dans le monde, ces derniers passants de 1.131 millions en 2006 à 1.147 millions en 2007.

Au niveau mondial, le nombre de candidats au sacerdoce a aussi augmenté, passant de 115.480 en 2006 à 115.919 en 2007, avec une croissance de 0,4%. Alors que l'Afrique et l'Asie ont enregistré une croissance sensible, précise l'Annuaire pontifical, l'Europe et l'Amérique ont plutôt connu une réduction du nombre de séminaristes, de respectivement 2,1% et 1%.

Par ailleurs, le nombre d'évêques dans le monde est passé, de 2006 à 2007, de 4.898 à 4.946, avec une augmentation de 1%. Le continent qui a enregistré la plus grande croissance est l'Océanie (+ 4,7%), suivie de l'Afrique (+ 3,0%) et de l'Asie (+ 1,7%), alors que l'Europe se trouve au-dessous de la moyenne totale (+ 0,8%). Dans cette même période, l'Amérique enregistre un taux de moins 0,1%.

Le nombre de prêtres se maintient sur la croissance modérée inaugurée en 2000 après plus de 20 ans de performances plutôt décevantes. En effet, les prêtres ont augmenté au cours des 8 dernières années, passant de 405.178 en 2000 à 407.262 en 2006 et à 408.024 en 2007. Durant la période 2000-2007, l'Afrique et l'Asie montrent une dynamique assez soutenue (+ 27,6% et 21,2%) et l'Amérique est stationnaire tandis que l'Europe et l'Océanie, enregistrent dans la même période des taux de croissance négative, de 6,8% et 5,5%.

Le nombre de diacres permanents continue à évoluer avec une augmentation de plus de 4,1% en 2007 par rapport à l'année précédente, passant de 34.520 à 35.942.

Enfin, en 2008, le pape a érigé 1 siège métropolitain, 11 sièges épiscopaux et 169 nouveaux évêques ont été nommés.

La rédaction du nouvel annuaire a été préparée par Mgr Vittorio Formenti, responsable du Bureau central de statistique de l'Eglise, par le Prof. Enrico Nenna et leurs collaborateurs. Il sera prochainement en vente, en italien, dans les librairies.


Marine Soreau

2 mars 2009

Rapporté par catholigue.org d'après l'agence Zenit



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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Marine Soreau le Mardi 3 Mars 2009

Galerie
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Album sur les édifices du Sémiaire de Québec avec diaporama


Dix conseils pour bien vieillir. Regardez le pps et passez le à d'autres. http://t.co/jyhAgeEnCD
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Vendredi 24 Octobre - 21:52






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